Il n'est pas facile de revenir en arrière. Pas facile de corriger les erreurs d'aménagement. Pas facile de reconnaître qu'on s'est trompé, dans les années 1960 à 1980, en canalisant des rivières. On voulait éviter des inondations, sur la basse vallée de la Loue, dans la vallée du Drugeon, celle du Doubs... On voulait récupérer des terres pour l'agriculture...
Des ingénieurs et des élus peu précautionneux ont décidé des travaux dont on paie encore aujourd'hui les conséquences. Les inondations se sont déplacées en aval, sur la Saône. L'agriculture n'a que rarement profité des nouveaux espaces où l'on a parfois construit, des commerces, des habitations... Dans le même temps, les aménageurs fous ont remblayé, voire bétonné des zones humides et des marais. Du coup, l'eau qui y était stockée n'a plus trouvé de refuge ailleurs que dans les rivières, alimentant la vitesse d'écoulement, aggravant l'érosion des berges, du lit mineur, entraînant l'arrachement du substrat où vivent la micro-faune dont se nourrissent les poissons... S'asséchant, des zones humides, jadis étape pour des oiseaux migrateurs, attirent moins : c'est un peu de biodiversité qui s'en va.
Il arrive que les aménagements ne soient pas des saccages, débouchent sur des bénéfices inattendus. Quand on a rectifié les méandres du Drugeon, les bras morts ont été entretenus par des éleveurs de grenouilles ! C'est pour ça qu'il n'est pas facile de revenir en arrière. Ni souhaitable quand on a réussi à éviter les inondations. Mais c'est aussi pour ça qu'il faut corriger les erreurs, même si c'est difficile.
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