Les corps endormis et l’attente du réveil (5)

Infirmière volontaire pour être renfort face à la pandémie au CHU de Besançon, Aline n'avait jamais travaillé en réanimation. Dans cette cinquième chronique, elle parle de la technique et des patients avec humanité et simplicité, nous faisant pénétrer dans un univers dont on entend souvent parler sans arriver à toujours s'en faire une juste présentation…

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En passant dans les couloirs du service, on aperçoit les corps des patients endormis. Plus d’hommes que de femmes, des personnes généralement en surpoids, souvent avec des antécédents de maladies, des patients âgés mais pas uniquement, rarement du groupe sanguin O (mais cela arrive), et pas autant de fumeurs que ce que l’on imaginait. Une chemise d’hôpital ou un drap recouvrent leurs corps lourds, enfoncés dans les matelas qui limitent, par la propulsion d’air, la détérioration des téguments. Les silhouettes des patients sur le dos ou sur le ventre se fondent dans le décor, en contre bas des écrans lumineux et dans le prolongement des tuyaux. Plusieurs sparadraps, collés pour retenir les sondes, traversent leurs visages. La bouche est déformée, pénétrée par la sonde d’intubation, et le nez sert de passage pour une sonde nasogastrique qui apporte jusqu’à l’estomac, ce que l’on peut appeler de «  l’alimentation ».

Sur le...

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