Serge ne sera pas expulsé

C’est probablement grâce à la mobilisation et au choix du juge des libertés de rendre sa liberté à Serge après son placement en rétention, que le préfet n’a pas prononcé de nouvelle OQTF.

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Environs 80 personnes sont réunies mardi 14 mai devant la préfecture, pour soutenir Serge un étudiant guinéen à l’encontre de qui la préfecture avait délivré une obligation de quitter le territoire (OQTF). Un rassemblement en urgence d’enseignants, d’étudiants, de syndicalistes, de militants, d’amis, convoqué la veille, en réaction à son placement en rétention à Metz.

La préfecture menaçait d’expulser Serge, car elle jugeait qu’il mettait trop de temps à valider ses études, ce que contestent ses professeurs.

La première à prendre la parole est Sandra Nossik, responsable du département des sciences du langage de la fac de lettres, elle explique qui est Serge : un étudiant studieux, un homme bien… « Certains ont le droit d’exister d’autres non… Il est inacceptable qu’en France des étudiants se retrouvent en situation d’OQTF ». Michel Savaric, de SUD-Education, ajoute : « En quoi la préfecture serait plus légitime à juger la progression d’un étudiant que ses professeurs ? » Des propos confirmés par Clément Delbende, de la CGT étudiants.

Deux amies de Serge renchérissent : « Serge est quelqu’un de bien, un étudiant studieux ». Le CDDLE (Collectif de défense des droits et libertés des étrangers) représenté par Nadine Castioni, apporte eux aussi leur soutien à Serge.

Une délégation a été reçue au cabinet du préfet. Elle a notamment argumenté en invoquant une récente décision de la cour administrative de Nancy qui a donné raison à un étudiant dans un cas estimé similaire à celui de Serge. Une circulaire précise qu’il peut y avoir une OQTF si un étudiant ne progresse pas dans ses études durant 4 années universitaire. Or Serge a obtenu une licence en 3 ans et est en première année de master. 

La préfecture avait la possibilité de prononcer une nouvelle OQTF avant mardi 23 heures. Elle ne l’a pas fait.

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