Qui sont-ils ces Rroms de Roumanie ?

Ils s’appellent Augustin, Angel, Ovidiou, Simone, Yohan, Gavril, Dorina

 
Vous les croisez peut-être sans les voir , pourtant ils sont à la rue, là où ils survivent et certains depuis plusieurs années.
Aujourd’hui, nous les nommons et nous leur faisons une place parmi nous.
 
Très prochainement, les garages ouverts de la rue Gambetta seront démolis et il est à parier que personne ne se préoccupera du devenir de leurs occupants.

La plupart sont d’anciens ouvriers agricoles tombés dans la grande précarité suite à l’entrée des grands investisseurs étrangers dans l’agriculture roumaine.

Ce sont des Européens comme nous, qui ne peuvent prétendre au statut de demandeur d’asile même si, bien souvent, ailleurs comme ici, ils subissent un ostracisme tenace qui ne se cache guère. Pour l’heure, il s’agit de contrer des idées fausses : alors, non, ils ne reçoivent aucun argent  en France, s’ils veulent manger, ils doivent travailler et s’ils veulent s’abriter, c’est pareil.

Jusqu’au 31 décembre 2013, en matière d'emploi les Bulgares et Roumains devaient  obtenir une autorisation de travail lorsqu’un employeur acceptait de les embaucher ; il en était ainsi pour les Rroms venant  de ces deux pays de l’UE.

On a reproché à ces derniers de ne pas s’intégrer alors qu’on les privait de l’outil d’intégration principal, le travail.

Depuis le 1er janvier 2014, Bulgares et Roumains ont les mêmes droits que les autres européens en matière d’emploi .

Mais les Rroms continuent à subir discrimination et injustice. Aucun statut, pas même celui de droit commun qui pourrait permettre hébergement, accompagnement social, soins de santé. Difficulté de domiciliation, or sans domiciliation, possible, pas même l’inscription à Pôle Emploi.

Certaines collectiviés ont fait le choix de l’accompagnement vers l’insertion par l’habitat et l’emploi. Gageons que notre région, notre département, notre ville qui affichent l’héritage d’un Victor Hugo, d’un Fourier, d’un Courbet ou d’un Proudhon et d’autres encore dont on relève le nom sur les plaques de nos rues, participent aussi à l’édification du vivre ensemble que chacun de nous serait fier de partager et revendiquer.

Enfin, si l’accompagnement à l’intégration en France est possible, l’aide à la réintégration en Roumanie l’est aussi. Des fonds européens existent pour cela. Ils doivent être mis en oeuvre par nos collectivités locales qui ne semblent encore à ce jour être disposées, ni à permettre l’intégration des Rroms sur le sol français, ni à faciliter leur réintégration en Roumanie.

Qu’en sera-t-il demain ?

Qu’en sera-t-il pour Augustin, Angel, Ovidiou, Simone, Gavril, Yohan et Dorina après la destruction de leur abri de fortune ?

Nous demandons que ces personnes soient prises en charge pour l’hébergement et l’accompagnement social.

                                                                                                                    Besançon, mars 2015

Signataires :

"AC" Agir ensemble contre le chômage, Association Espoir et Fraternité tsigane de Franche-Comté, CCFD-Terre Solidaire, CDDLE, CIMADE, Ensemble ! Franche-Comté, FSU25, Initiative Communiste- Ouvrière, LDH Sections de Belfort-Besançon-Dole et Vesoul, MRAP, Mouvement de la Paix, Secours Catholique, Union syndicale Solidaires

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