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Retour aux sources pour l'acte 16 à Besançon

reportage

Vendredi 8 mars 2019 / Toufik-de-Planoise

Le défilé bisontin du 2 mars a vu quelque 750 Gilets jaunes dans les rues de Besançon, avec de nouvelles banderoles et calicots faisant notamment références aux femmes ou soutenant la colère des Algériens. L'acte 17 samedi 9 mars entend mettre l'accent sur la dénonciation de la répression.

Mots-clés: gilets jaunes

La place de la Révolution s’anime tranquillement à partir de 14h00 malgré la météo grisâtre et la pluie fine, jusqu’à compter environ 750 participants au moment des prises de parole une heure plus tard. Plusieurs orateurs se succèdent, dont Fred Vuillaume évoquant les suites judiciaires mouvementées pour lui-même et ses proches, ou encore un médecin « blouse blanche » du C.H.U. Minjoz appelant à la mobilisation samedi 9 mars (voir encadré). Pendant que les uns continuent de démarcher pour préparer le prochain événement, d’autres haranguent et tractent afin de mobiliser pour la manif’ nocturne des Droits des Femmes du vendredi 8 mars.

Ainsi, de nouvelles banderoles, pancartes, et étoffes, fleurissent : attaque du président Macron et son monde, dénonciation du « sexisme, racisme, et nationalisme », ainsi que de nombreux drapeaux comtois, algériens, quelques tricolores, rouges, bretons, nordistes, et un anarcha-féministe. Féministes, coquelicots contre les pesticides, jeunes affichant leur soutien à la colère populaire face à Bouteflika, autonomes, blouses blanches, autant de convergences qui s’affichent. Départ du cortège après 15h00, avec un retour aux sources par les rues du centre-ville. Place du Huit-Septembre, c’est le désormais concours de boucan en secouant les protections de l’Hôtel de Ville.

Quelques tensions en fin de manifestation

Les manifestants passent devant la Préfecture vers 15h30, sans même un regard pour les gendarmes mobiles. Peu avant 16h00, le cortège arrive au niveau du tunnel de la citadelle ; passage bruyant, fumigènes, pétards… l’ambiance reste festive. Un sit-in s’opère près du pont Robert Schwint, place privilégiée à cette fin. Après 17h00, les participants reviennent sur Chamars et y restent sans heurts ; alors que la situation est calme, à 18h00 ordre est donné aux gendarmes mobiles de les charger. Les gaz lacrymogènes M.P.7 sont alors déployés place Saint-Jacques et avenue du Huit-Mai, afin de repousser les gilets jaunes jusqu’au pont Canot.

Nassés sur le parking du petit-Chamars, plusieurs interpellations sont notées et les derniers groupes se dispersent. Une fin de journée plutôt calme par rapport aux dernières éditions, qui s’étaient achevées dans des affrontements houleux. Alors que de nouveaux apports militants s’illustrent, un relâchement numérique semble toutefois s’opérer notamment concernant les « ruraux » qui semblent moins présents. D’autres formes de mobilisations sont depuis proposées pour maintenir la cohésion, avec dernièrement des opérations « parking gratuit » chaque mercredi à l’hôpital Jean-Minjoz. Pour beaucoup, l’arrivée des beaux-jours rimera avec un nouveau souffle.