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La guerre est une ruse

chronique

Samedi 13 juillet 2019 / Danièle Secrétant

Premier roman d'une trilogie qui évoque le terrorisme islamique, La guerre est une ruse, de Frédéric Paulin, plonge dans les années noires que l'Algérie a connues dans les années 90. Tedj Benlazar, agent de la DGSE, s'emploie à montrer les connivences contre nature entre le DRS algérien et le GIA. Il pressent que le conflit s'exportera en France… Récit entre fiction et réalité, glaçant.

Mots-clés: roman noir

- Al Harb Khoudaa, tu sais ce que ça veut dire ?

- Ça veut dire, la guerre est une ruse.

Mohamed Mehra, à un agent de la DCRI lors du siège de son appartement, le 21 mars 2012.  En exergue du roman.

 En ouverture de la quatrième de couverture : “ Lorsqu’on s’engage sur la voie du djihad, il n’y a pas de retour en arrière possible.”

La guerre est une ruse, de Frédéric Paulin est le premier roman d’une trilogie consacrée à l’islam radical, au terrorisme. Lors de la conférence-débat sur l’Algérie noire, qui s’est déroulée à l’occasion du dernier festival des littératures noires, policières et sociale, Pas serial s’abstenir, l’auteur a présenté son livre. Entre fiction et réalité, il s’agit bien d’un récit noir, très noir, qui revient sur les années sanglantes que l’Algérie à connues, dans les années 90. Années sanglantes qui eurent, qui ont encore des prolongements dramatiques en France. Dans ce roman, par exemple, on suit l’itinéraire de Khaled Kelkal, auteur, entre autres, de l’attentat du RER B, à la station Saint-Michel, en 1995, à Paris.

Pour éviter que l’angoisse le saisisse, il tourne le bouton de fréquence de la radio et trouve France Info. Il y a une pub pour une émission politique à venir et, alors que le programme suivant va débuter, l’annonce d’un flash spécial se fait entendre.

Machinalement, Benlazar monte le son.

Ça dit : « Attentat à la bombe à la station Saint-Michel-Notre-Dame du RER B. »

Benlazar fixe la route comme si son cerveau s’était mis en berne. Rideau. Ses neurones ont peut-être disjoncté.

Mais son cerveau fonctionne parfaitement. Et il enregistre : huit morts et 117 blessés selon la Préfecture de Paris ; une bonbonne de gaz de camping truffée de boulons et de clous, déposée sous une banquette du RER ; les premiers éléments de l’enquête laissent à penser que le GIA est responsable ; Chirac et Juppé se sont rendus immédiatement sur les lieux de l’attentat ; un million de francs est promis à celui qui permettra d’arrêter les coupables.

Le bordel a touché la France. Le pire est arrivé.

[…]

- C’est arrivé. Putain, c’est arrivé…

Il y aura d’autres morts, d’autres blessés, en France et dans le monde. Et ce n’est pas terminé. Le pire n’arrive pas par hasard. Il est le résultat de stratégies politiques, économiques, idéologiques, religieuses, qui se soucient peu de la vie des hommes. Si Dieu n’existe pas, tout est permis, disait Dostoïevski. Dieu existe, disent certains adeptes d’un islam on ne peut plus radical, donc tout est permis. En son nom. Massacres, viols, enlèvements, mise sous tutelle des femmes, marché aux esclaves…

Le grand bordel comprendra l'importation des problèmes algériens en France

La France. L’Algérie. Des relations compliquées, troubles parfois. Lors des élections législatives de 1991, le Front Islamique du Salut, (FIS) avec ses 48% de suffrages est aux portes du pouvoir. L’armée intervient.

Algérie, 1992. Une poignée de généraux, les « janviéristes », ont pris le pouvoir. L’état d’urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent… Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout puissant service du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre. (Extrait de la quatrième de couverture).

Si la guerre est une ruse, ce récit embarque le lecteur dans un sac de nœuds et dans un nid de vipères. Il en ressort presque anéanti. C’est donc ça la réalité ?

Benlazar l’a dit à Bellevue la veille : ce lien contre nature entre militaires et islamistes engendrera inévitablement le grand bordel. Le grand bordel, comprendra l’importation des problèmes algériens en France.

Difficile de s’y retrouver parfois. Mensonges, trahisons, cécité ou lâcheté des gouvernants…Les situations, les femmes et les hommes de ce récit, sont complexes, parfois au bord d’une folie à la croisée des histoires personnelles et de l’Histoire. Folie des actes commis, folie dans laquelle on ne peut que se noyer… ou surnager… Mais à quel prix ?

La réalité des faits ne peut-elle se lire qu’à postériori, une fois que le pire a été commis ?

Tedj Benlazar est la parfaite illustration de ces complexités. Il n’est pas le seul. Quand on se frotte à des événements tels que ceux des années 90 en Algérie, on ne peut en rester à un comportement normé, banal, ordinaire. Un drame personnel et la façon dont il le gère, l’a déjà arraché à sa condition d’homme du commun. Ses choix professionnels, ce qu’il découvre des réalités cachées de ces années noires, vont également orienter sa vie de façon singulière.

À situation hors normes, personnages hors normes

La peur a pris le contrôle du pays, des rues, des Algériens.

La peur explique beaucoup de choses dans ce pays, depuis longtemps. Peut-être depuis 1945 et Sétif… le Lieutenant Benlazar n’en sait rien, à vrai dire. De l’Algérie avant 1990, il ne connaît pas grand-chose. Son père a sans doute combattu dans les rangs de l’ALN lors de la guerre d’indépendance, mais il n’en a jamais parlé. Même à sa femme. Tedj croit savoir que son père a fui en France, où il a rencontré sa mère, une française. Dès lors, il n’a plus jamais parlé de l’Algérie. Tedj Benlazar a été élevé comme un français. Bien sûr, son nom rappelle parfois ses origines, mais il lui a peut-être permis d’évoluer dans son métier. Parfois les noms et l’Histoire ont des coïncidences étranges. Il se trouve qu’à la fin des années quatre-vingt, l’Algérie s’est à nouveau agitée. L’Algérie est devenue un pays que le gouvernement français souhaitait « aider ». Benlazar sourit involontairement : aider, oui, c’est ça, aider.

Son père ne lui a transmis qu’une chose, sa langue. C’est pourquoi il parle l’arabe parfaitement, c’est pourquoi il est considéré comme un élément particulier au sein de son service.

À situation hors-normes, personnes ou personnages hors-normes. Pour le meilleur, ou pour le pire. Les hommes façonnent l’Histoire tout autant qu’ils sont façonnés par elle. Pour le meilleur, et pour le pire… Du pire, il y en a eu. Il y en a. Il y en aura encore. D’où la nécessité de comprendre, pour agir et tenter de l’empêcher de continuer à se répandre. Pour tenter de construire un monde plus fraternel dans lequel les idéologies, les religions mortifères n’auront plus leur place. Cela oblige peut-être parfois à des choix terribles ?

Slimane Bougachiche a tué son frère aîné d’une balle dans la tête.

Il s’efforce de se convaincre qu’il l’a tué pour l’honneur.

Un crime d’honneur…

Un crime qui le rabaisse au niveau des hommes qu’il pourchasse. Certains de ces hommes reviennent d’Afghanistan, ils ont combattu les Soviétiques là-bas, mais ils ont aussi ramené des interdits passibles de lapidation, de décapitations, et autres horreurs. Ceux-là tuent leur femme ou leur sœur si elles se comportent mal au vu des règles absurdes qu’ils croient édictées par Allah. Pour ça et pour d’autres choses, ils méritent la mort.

Alors, mérite-t-il la mort, lui aussi ?

[…]

Slimane Bougachiche n’a plus d’états d’âme. Avec le 25eme régiment de reconnaissance, il a tué beaucoup d’hommes. Quelques femmes aussi. Il est aux ordres d’un pouvoir qui se défend contre des ennemis qui veulent établir un califat en Algérie, imposer la charia et un islam d’une rigueur terrible.

Lorsqu’il s’est engagé dans l’armée, il voulait rester honnête, droit, propre, se souvient-il. Sauf que la guerre ne rend pas les hommes meilleurs, elle les transforme en bêtes féroces.

Dans Hével, Patrick Pécherot fait dire à son personnage, Gus, Assassin ? Peut-être le sommes nous tous. Caïn et Abel, on n’en a pas fini.

Pour mémoire aussi, cette chanson de Jean Ferrat, Maria. Guerre d’Espagne.

 Maria avait deux enfants, deux garçons dont elle était fière

Et c’était bien la même chair et c’était bien le même sang

[…]

Qui des deux tira le premier, le jour où les fusils parlèrent…

Le monde du terrorisme, celui du renseignement, un jardin à la française…

Au début du récit, Tedj Benlazar assiste à un interrogatoire « musclé ». En réalité, une séance de torture.

Au milieu de la pièce, un homme nu est allongé sur une table, les mains liées dans le dos. Sans doute a-t-il déjà subi la simulation de noyade, car un chiffon sale imbibé d’eau gît au sol. Des électrodes ont été placées sur ses couilles et sur le lobe de ses oreilles. Il vient de recevoir une décharge électrique et son corps est encore secoué de petits tremblements.

[…]

La première fois qu’il a observé un interrogatoire, c’était deux ans auparavant, au CTRI d’Oran, le Centre Magenta, comme ils l’appellent. Là-bas, la spécialité du colonel Abdelwahab est le « cercle de la mort » : l’interrogé est entouré par des hommes qui le battent avec des matraques et du fil de fer électrifié. Le cercle de la mort peut durer toute une journée. Lorsque Benlazar a dû en être le témoin, il a failli s’enfuir en hurlant, mais une main invisible s’est saisie de lui, et toute peur, toute colère, tout dégoût l’ont quitté. Il est devenu un autre, complètement détaché de la violence qui s’abattait juste devant lui, incapable de ressentir la moindre empathie. Ça l’a sauvé de la folie et peut-être de la mort.

De l’homme torturé, on attend de lui qu’il donne des noms.

Benlazar connaît ces noms : Mansouri Meliani a sans doute combattu en Afghanistan dans les années quatre-vingt. Revenu au pays à la tête de ceux qu’on a alors surnommés les Afghans, il a mis en place les premières guérillas islamistes en Algérie. Abdelhak Layada, lui, est un ancien garagiste, carrossier peut-être. Il fut l’un des chefs du Mouvement islamique armé première période, dans les années quatre-vingt, puis se rapprocha de l’appareil dirigeant du FIS en 1989, lorsque le MIA refusa de se soumettre au FIS.

Dans ce roman, le monde du terrorisme, celui des différents services antiterroristes paraît être une sorte de jardin à la française, dans lequel les différents protagonistes se baladent, se connaissent, s’observent, passent des accords, ne respectent pas les accords passés, s’entretuent… Il y a aussi des camps d’internement, qui relèvent du camp de concentration, ou d’extermination, tel Aïn M’guel, où la torture des islamistes est quotidienne. Les militaires qui ont pris le pouvoir ne font pas de quartier. Tout cela pour quoi ? Pour qui ? Pour sauver l’Algérie de l’emprise des islamistes, professent-ils.

Si la guerre est une ruse, c’est aussi une belle saloperie. Elle rend les hommes complètement fous, sanguinaires… Des deux côtés. Et parfois, entre ces deux folies sanguinaires, des hommes essaient de garder intacts, quelques principes. D’alerter leurs gouvernements…

 Abel et Caïn

Benlazar se sent de moins en moins en sécurité. Il détient trop d’informations, il a du flair, il anticipe des drames à venir… l’exportation du problème algérien en France… Il connaît Raouf, témoin de la connivence entre les militaires au pouvoir et le GIA.

Raouf a été tué par son frère, Slimane Bougachiche… Abel et Caïn …

Et la solution, on la lui a soufflée un soir. Un colonel aux lunettes cerclées d’or et deux officiers du DRS sont venus le voir à Lakhdaria. Le capitaine Laouar était présent pendant l’entretien. Le colonel a parlé d’honneur, de sécurité nationale, d’un péril gigantesque, d’honneur encore, de la famille et de la carrière du lieutenant Bougachiche. « Un frère reste-t-il un frère dans le déshonneur et la trahison ? » a-t-il demandé. Après un moment, Slimane Bougachiche a convenu d’un léger hochement de tête que les liens du sang ne justifiaient pas le renoncement à l’honneur, oui, oui. Le colonel a expliqué que Raouf était l’une des pièces d’un complot qui avait pour ambition de faire croire à l’Algérie et au monde entier que le pouvoir était responsable de l’enlèvement des fonctionnaires étrangers. Sans Raouf, le complot tombait à l’eau et la lutte légitime de l’armée contre le terrorisme islamiste pouvait continuer.

Des enlèvements. Dont ceux de Jean-Claude Thévenot, de son épouse, et d’Alain Freissier. Nous sommes dans la réalité des noms et des faits.

La réalité, c’est aussi la prise d’otages de l’avion qui devait partir d’Alger, direction Paris, entre le 24 et le 26 décembre 1994. L’avion quittera Alger, fera escale à Marseille, où le GIGN mettra fin au détournement.

Un mois auparavant, Bellevue avait rédigé une note, peut-être sa dernière, à l’attention de la direction du renseignement : il alertait à propos d’un risque avéré de détournement d’avion. Benlazar ne sait pas comment il a pu être au courant. Ses réseaux sans doute, son flair.

[…]  

- Je croyais que les généraux ne voudraient jamais que l’appareil décolle vers la France ?

-Benlazar a convenu d’un froncement de sourcils que quelque chose avait dû bouger quelque part.

Et de fait, vers 5 heures du matin, les terroristes ont demandé un plein de kérosène pour rejoindre Paris où ils voulaient donner une conférence de presse.

– Ils vont planter l’avion sur Paris, a lâché Benlazar.

Ses collègues l’ont regardé, médusés. Même Chevallier ne semblait plus hostile.

– Vous croyez qu’ils feraient une chose pareille ?

Benlazar a compris la colère de Bellevue : il allait mourir en laissant aux commandes des types comme Chevallier, qui n’avaient aucune idée de la détermination des gens qu’ils combattaient. Cette prise de conscience et la fatigue lui ont donné un petit vertige.

– Je vous assure, colonel, qu’un jour ou l’autre ils feront un coup comme ça. Pas aujourd’hui, j’espère, mais dans quelques années, une capitale occidentale sera directement touchée.

L’affection presque paternelle qu’il a vue dans les yeux de Chevallier a fini par le secouer.

– Il ne faut pas les laisser reprendre leur vol vers Paris, Colonel. Appelez qui vous voulez, le directeur, Pasqua ou Mitterrand, mais il ne faut pas qu’ils décollent.

Côté français, Tedj Benlazar et Rémy Bellevue.

Le système de pensée de Benlazar, en revanche, n’implique pas que la France soit au premier rang dans quelque domaine. Le monde, et cette partie du monde en particulier, le Maghreb et l’Afrique, est à jamais aux mains d’une clique qui ne rendra le pouvoir au peuple à aucun prix. Cette clique est soutenue par la France, et elle rit de la France. Voilà le système de pensée de Tedj Benlazar, dans lequel son travail a aussi un sens.

Rémy Bellevue, lui, sera bientôt à la retraite. Rongé par le cancer, Bellevue espère encore servir son pays. Il vit avec une Africaine plus jeune que lui. Tous les deux souhaitent enfin vivre paisiblement en France.

Il crève lentement d’un putain de cancer, mais il a encore de la ressource.

Rémy Bellevue se répète ça comme un mantra depuis quelques heures. Il a passé la journée à téléphoner en Algérie, il a recoupé des rapports d’honorables correspondants que lui a transmis Chevallier, il a relu des documents classés secret-défense et il commence à y voir clair, le Vieux. C’est quand même grâce à Benlazar qu’il sait désormais dans quelle direction chercher. Benlazar et ses foutues intuitions… Mais il n’a pas repoussé celle qui concernait le colonel Gahzia Bourbia, le second de Médiène. Un de ses indics lui a confirmé ce qui semble être, pour les Algériens, un secret de polichinelle : l’homme est en charge de l’infiltration des maquis et des islamistes à l’étranger.

[…]

Bellevue est maintenant certain que les militaires sont à l’origine du chaos. Et que Bourbia en est le metteur en scène. À la DGSE, le lieutenant-colonel Chevallier en premier, on lui rétorquerait qu’il est devenu dingue, que la chimio, la proximité de la mort lui ont faussé le jugement. Il lui faut des preuves, il en est conscient, et c’est Benlazar qui va les trouver. Pour lui désormais, c’est une évidence : le DRS a infiltré les rangs des islamistes. La spectaculaire évasion de la prison de Tazoult est l’exemple type de ce genre d’opération : parmi les prisonniers, il devait y avoir des officiers des forces spéciales qui ont ainsi pu rejoindre les maquis. D’ailleurs, beaucoup de prisonniers évadés ont été retrouvés fusillés, ça et là. Sans doute des islamistes qui refusaient de jouer le jeu du DRS. Bellevue n’a pas pu établir là de certitudes.

[…]

Bellevue est persuadé que la deuxième phase enclenchée, une troisième suivra : impliquer la France pour qu’elle aussi soutienne le pouvoir Algérien. Fadoul lui dit parfois qu’il a toujours un coup d’avance sur les autres. Cette fois, il veut bien le croire. Et son coup d’avance, c’est le glissement du chaos algérien par-delà la Méditerranée, son exportation par des salopards qui veulent se maintenir à la tête d’un État au bord de la rupture.

Des amours hors-normes

Dans tout roman noir qui se respecte, l’amour n’est pas absent. Il est hors normes, souvent. Deux personnages de femmes très beaux. La femme qu’aime Bellevue, c’est Fadoul.

Fadoul vient d’une famille animiste. Elle a laissé sa religion et sa famille au Tchad. […]

À Alger, sa peau noire n’est jamais très bien passée. Les Noirs sont des populations du Sud, on ne les aime pas, ici. Des gamins ont déjà jeté des pierres à Fadoul en lui criant « Khalouch ! », Bellevue en a été témoin. Alors, sa compagne accepte parfois de porter le voile lorsqu’elle sort, ça la rassure. Mais comme les plaques minéralogiques algériennes de la bagnole de Bellevue, son voile ne trompe pas certains hommes. Au contraire, ça les rendrait plus agressif.

Tedj Benlazar, lui, a une relation on ne peut plus compliquée avec sa femme, qui vivrait en France, mais qu’il s’interdit de voir quand il rentre. Il rencontre une autre femme, Gh’zala, au destin tragique. Forcément tragique. Les histoires d’amour sont elles aussi façonnées par l’Histoire. Pour le meilleur et pour le pire.

Plus tard, dans la nuit, Tedj Benlazar rêvera. Il verra deux immenses oiseaux de feu percuter des tours moyenâgeuses plantées au milieu d’une ville immense. Les tours s’écrouleront et creuseront sous elles un trou sans fond qui aspirera lentement l’humanité.

Il se réveillera en sueur avec cette phrase au bord des lèvres.

– Al Harb Khoudaa…