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François Ruffin : « On est passé à autre chose, la fracture morale »

entretien

Lundi 1 avril 2019 / Patrick Tardit

« J’étais convaincu que notre film apporterait des rires, des larmes, et de la colère », estime le député insoumis, qui a coréalisé « J’veux du soleil ! » avec Gilles Perret. Ensemble, ils sont partis à la rencontre des gilets jaunes, filmer « la fraternité des ronds-points » et les « Gaulois réfractaires ».

Mots-clés: gilets jaunes
Le film est dédié à « tous les Marcel », le prénom de ce vieux gilet jaune magnifié par un artiste sur une fresque.

C’est en moins d’une semaine, du dimanche au vendredi, que Gilles Perret et François Ruffin ont tourné J’veux du soleil ! (sortie le 3 avril). « Je suis bon en guérilla, et là c’est une espèce de guérilla cinématographique », précise Ruffin, journaliste (il a créé « Fakir), cinéaste (il a reçu le César du meilleur documentaire pour Merci patron ! ), et député de La France Insoumise. Avec Gilles Perret, qui avait réalisé L’insoumis sur la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, ils sont partis sur les routes de France, à la rencontre des gilets jaunes, sur les ronds-points.

De la Picardie jusqu’à la Méditerranée, d’Amiens à Montpellier, en passant par Mâcon, Annecy, Nîmes, Loriol… ils sont allés voir des « Gaulois réfractaires » dans leurs cabanes, les Corinne, Khaled, Carine, Rémi, Denis, Loïc, Cindy, Marie… Là où Emmanuel Macron a vu « la négation de la France », eux ont senti « la fraternité des ronds-points ». « C’est un moment de l’accélération de l’histoire », estime Ruffin, « C’est miraculeux que ça se soit produit, on voit tellement comment la pauvreté éloigne du reste de la société ».

Rencontre avec le co-réalisateur à la bonhomie naturelle, le débit de parole archi-rapide, et une cote de popularité énorme, lors de l’avant-première de « J’veux du soleil ! » au Caméo, à Nancy. Interview.