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Factuel et Le Compost interdits de réunion LREM

reportage

Mercredi 13 novembre 2019 / Toufik-de-Planoise

Une réunion du parti LREM s’est tenue samedi à Besançon sur fond de tensions internes au sujet des municipales. Un contre-rassemblement s’était également formé, donnant lieu à des tensions extrêmement vives. Surtout, un « tri » a été orchestré par les organisateurs, choisissant quels médias avaient le droit de couvrir l’événement. Notre rédaction a été privée d’exercer son activité, pour la première fois lors d’une réunion politique. Samedi dernier, ce fut aussi le cas de notre confrère du Compost.

Des agents de sécurité devant la permanence de campagne d'Eric Alauzet, inauguré samedi 9 novembre à Besançon en présence de Brune Poirson secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire et du délégué général du parti La république en marche (LREM), Stanislas Guerrini. Mais en l'absence du maire sortant, Jean-Louis Fousseret et de la référente LREM du Doubs, Alexandra Cordier qui n'exclut pas une candidature. Photo : Toufik de Planoise

Brune Poirson, la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire et le délégué général du parti La république en marche (LREM), Stanislas Guerrini, ont fait le déplacement samedi dernier à Montfaucon, près de Besançon, pour mettre en lumière les « projets qui marchent ».

Organisée par LREM, cette réunion s’inscrit dans le cadre de la campagne municipale de mars 2020, et le sujet traité ici sera celui de la transition écologique. Le candidat désigné par le parti présidentiel pour porter ses couleurs à Besançon, Eric Alauzet, était bien sûr présent, tout comme sa rivale, Alexandra Cordier, soutenue par l’actuel maire, Jean-Louis Fousseret, devenu LREM en cours de mandat.

 Une centaine de Gilets jaunes et de militants environnementalistes d’Extinction rébellion et d’ANV-Cop21 étaient aussi présents pour dénoncer une « mascarade ». Alors que l’accent est mis sur les succès environnementaux, les manifestants ont pu donner de la voix, évoquant l’écoquartier des Vaîtes, le chantier de la RN57, ou encore le Center parc de Poligny. Une confrontation dure s’est opérée avec les équipes de gendarmerie où coups et gaz lacrymogènes ont été distribués.

 Un jeune homme a été interpellé, sans que rien ne soit pour l’instant retenu contre lui. Une femme a aussi été interpellée lundi matin à son domicile pour violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique.

 En ce qui nous concerne, nous ne pourrons pas témoigner d’autres choses, l’accès à la salle de réunion nous sera interdit. N’ayant pas reçu d’invitation, nous n’avons pas sollicité d’accréditation presse. Notre correspondant s’est inscrit en tant que public à cette réunion, où Factuel n’a finalement pas pu rentrer.

 « Désolé, mais vous ne rentrerez pas non plus »

 

 

Le premier à faire les frais de cette censure est Alexandre Renahy le reporter du Compost, un blog bisontin. Il est mis hors-jeu lorsqu’il se présente à l’entrée principale muni de son inscription en tant que public, validée elle aussi, et le port d’une carte de photographe. Il lui sera notifié par les agents de sécurité « un manque de place » — peu crédible étant donné les réservations nominatives —. Il sera invoqué finalement « une décision qui n’a pas à être motivée, s’agissant d’une réception privée où les convives sont sélectionnés. »

 Dans un exercice physique d’entrave, il sera malmené pendant une dizaine de minutes. Un cadre du parti expliquant « qu’il ne s’agit pas de la vraie presse ». Une vision somme toute déjà très étonnante de l’idée que l’on peut se faire de l’échange et du débat « ouvert », comme de celle de la liberté de la presse et de sa diversité.

 Lorsque la réunion est enfin lancée avec l’arrivée par une porte dérobée de la secrétaire d’État Brune Poirson, le correspond de Factuel est lui aussi — poliment — recalé. Jusqu’alors accepté dans l’enceinte d’accueil, carte dédiée, documents d’identité, et papier d’enregistrement à l’accès public n’y feront rien. Motif ? « Ceux à qui la décision appartient ont tranché. » France 3 et l’Est républicain passeront sans encombre.

 Sollicités immédiatement par le directeur de la publication pour connaitre les raisons de cet empêchement, ni le député candidat Éric Alauzet ni la conseillère du maire et référente départementale d’En Marche, Alexandra Cordier, n’ont daigné répondre. Interrogée ce jour, cette dernière indique avoir fourni la liste des médias régionaux, dont le nôtre, au siège de son parti à Paris. Mais nous n’avons à aucun moment été informés de manière officielle de la tenue de cette réunion.

 Il s’agit, pour Factuel.info, d’une première. Même lors du meeting du Front national le 25 avril dernier et alors que Julien Odoul exprimait sa désapprobation de certains médias, nous avions pu faire notre travail.