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Disparition de Guy Lazar, le PCF du Doubs perd son secrétaire

Jeudi 28 mars 2019 / La rédaction

Secrétaire départemental depuis novembre dernier, il est décédé mardi à 60 ans. Dans un article paru le 4 décembre, Factuel avait retracé son itinéraire politique et syndical.

Guy Lazar est décédé mardi 26 mars à l'âge de 60 ans. Secrétaire départemental du PCF du Doubs, ce cheminot électricien avait également eu des responsabilités syndicales à la CGT en Saône-et-Loire et en Bourgogne. Il avait été candidat aux élections cantonales de 2015 dans le canton Besançon-6 en binôme avec Annie Ménétrier et obtenu 864 voix et près de 9% des suffrages.

Voici ce que Factuel écrivait le 4 décembre 2018, peu après son élection comme secrétaire départemental :

Souriant barbu, Guy Lazar décline son CV de militant : « 60 ans, retraité SNCF, électricien dans des postes à haute tension transformant le courant alternatif de 63.000 volts en courant continu de 1500 volts… » Il adhère au PCF en 1976 pour contribuer à la popularisation de la lutte pour la libération de Nelson Mandela. Alors élève du CET Montjoux de Besançon, qui deviendra lycée professionnel lors du passage de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l'Éducation nationale, il se bat « contre la réforme Haby ».

Son adhésion communiste semble inséparable de son engagement à la CGT, deux ans plus tard, quand il entre à la SNCF. Il aura des responsabilités syndicales importantes : « j'ai été plus ou moins permanent, selon les mandats. J'ai été délégué du personnel, membre du CE, élu prud'hommes, défenseur des salariés, secrétaire de syndicat... » Il sera ainsi secrétaire de l'union locale de Mâcon, puis responsable du syndicat des cheminots à Dijon...

On l'interroge sur la double appartenance CGT-PCF qui fait tant jaser, voire fantasmer. Il sourit, comme souvent : « Quand on est dans une réunion CGT, on parle CGT. Quand on est dans une réunion PC, on parle PC... Il n'y a pas de lien de nature, mais de convergence de lutte... Ce sont des chemins parallèles, comme on a pu le voir dans les luttes anti-coloniales sur l'Afrique du Sud ou le Vietnam... »

Quels débats internes l'ont marqué ? Il répond sans hésiter : « j'ai connu deux grands débats. Le premier en 1981, pour savoir s'il fallait ou non rentrer dans le gouvernement. Il y a eu quatre ministres communistes et des choses intéressantes ont été faites : des lignes SNCF ont été rouvertes, l'économie française a été boostée... Pendant un temps, ce gouvernement est parti des besoins des gens... »

Et quelle était la teneur des débats ? « Des minoritaires ne voulaient plus de ministres PC… Ils sont restés au parti. Il y a eu plus de soucis quand les ministres sont partis du gouvernement, certains voulaient qu'on reste... 1981 a représenté un grand espoir. C'était la première fois depuis la guerre qu'il y avait des ministres communistes. Il y a eu la 5e semaine de congés payés, les 39 heures, des droits syndicaux nouveaux... Ça a été une bouffée d'oxygène pour le mouvement social. Puis il y a eu une pause dans les réformes, décidée par Mauroy. Le parti n'en voulait pas, mais les salariés avaient la trouille du retour de la droite, ils ont été d'accord pour cette pause. Par exemple, les cheminots n'ont pas voulu faire grève contre le gouvernement... »

Le second grand débat dont se souvient Guy Lazar portait sur le référendum sur le traité de Maastricht : « il y avait une pression terrible. On nous expliquait que ceux qui étaient pour le non étaient contre l'Europe... » A l'époque, le PCF défendait le non, le oui l'emporta de justesse (51%)… et nombreux furent ceux qui regrettèrent plus tard d'avoir voté oui, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon…

  • Lire l'article complet ici.
    Guy Lazar nous avait également accordé un entretien début mars sur la préparation des élections municipales, à lire .