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Filou et les Municipales 2020 – Idée 3 : Une VRAIE politique de l'eau (1).

Samedi 1 février 2020 / Philippe HENRY

Pomper l'eau, la traiter, la distribuer, … c'est de la gestion. Il faut en urgence une vraie politique ambitieuse de l'eau !

 

L'eau est un bien commun. Le service public de l'eau doit assurer qualité et quantité de la ressource et un assainissement de qualité des eaux usées, avant le rejet dans le milieu naturel. Enfin, il faut assurer une distribution sociale (prix) et écologique (plomb, fuites…).

 

 

Qualité de l'eau : la qualité de la ressource c'est la qualité physico-chimique et bactériologique de l'eau prélevée dans le milieu naturel et sa quantité en toutes saisons.

 

Les qualités physico-chimiques de l'eau que vous buvez sont publiées sur internet par le ministère de la Santé. Je publie en figures 1 à 4, les copies de ces tableaux pour les 3 principales sources de Besançon (Planoise boit l'eau de la Loue, le Centre-Ville celle d'Arcier, et Palente celle du forage de Thise), et, pour comparaison celle de Champagnole (Jura).

Remarque déplaisante : pourquoi, sur les tableaux de Besançon, les données suivantes ne sont-elles pas communiquées :

le carbone organique totale (COT),

les chlorures,

les nitrates,

les nitrites,

les sulfates,

le titre alcalimétrique complet,

le titre hydrométrique.

 

Mr. LIME a-t-il des choses à cacher ??? J'aimerais bien une explication !!

 

Autre chose, certaines valeurs lues à Besançon sont inquiétantes :

conductivité totale élevée (ce qui veut dire une eau minéralisée, nitrates ? chlorures, sulfates ?),

aluminium total élevé pour Planoise (risque Alzheimer ?),

bactéries à Thise,

ammonium (pollution) à Arcier.

 

L'eau bue à Besançon est-elle si bonne qu'on se plait à le dire? L'UFC-Que-Choisir avait déjà posé la question en 2018 (figure 5, copie écran de macommune.info).

 

Il en va de la pollution de l'eau comme des autres pollutions. La politique la plus efficace et responsable est de s'attaquer à la source. On peut sensibiliser les gens au tri, aux gestes éco-responsables, mais si dans le même temps les industriels font n'importe quoi et continuent de produire des emballages plus stupides les uns que les autres … on a vu des grains de raisins sous plastique, des œufs cuits sous plastiques, des fraises emballées individuellement !!

 

Pour l'eau, c'est la même chose. Il faut une politique ambitieuse de luttes contre les pollutions. Aujourd'hui, 1/3 des habitants de Besançon boivent l'eau d'une rivière polluée, la Loue, où des mortalités massives de poissons se sont produites ces dernières années. Dans le Doubs, beaucoup d'habitants dépendent de réserves d'eau (lacs, rivières) où le risque de développement de cyanobactéries toxiques est très fort. En France, ces deux derniers étés, des chiens sont morts en buvant l'eau intoxiquée de grandes rivières.

Besançon, préfecture du Doubs, a les moyens d'imposer une agriculture BIO dans la vallée de la Loue en amont de ces captages (et ailleurs … pour la santé des autres citoyens).

La capitale de Franche-Comté a aussi les moyens de vérifier l'état de fonctionnement des stations d'épurations qui rejettent des eaux usées mal traitées dans la Loue, ou dans le karst qui alimente le forage de Thise ou la source d'Arcier.

Évidemment, cela s'applique à toutes les communes, à tous les responsables.

On ne peut indéfiniment augmenter le prix de l'eau parce que les traitements sont lourds et complexes. NON, il faut mettre en place les conditions d'une ressource propre.

 

 

Quantité de la ressource : le département du Doubs est touché par des sécheresses qui risquent de devenir régulières et qui mettent à mal la ressource en eau. Le maire ne va pas faire apparaître de l'eau avec sa baguette de sourcier, c'est une affaire de spécialistes. Mais la gestion communale peut agir sur la consommation.

Une des aberration de notre vie moderne est d'utiliser de l'eau potable, ou plus exactement de l'eau rendue potable par des traitements coûteux, pour les chasses d'eau de nos toilettes, pour arroser les plantes, et autres usages domestiques qui se contenteraient, par exemple, de l'eau de pluie.

Il faut une politique d'utilisation de l'eau de pluie : réfléchir et subventionner les investissements collectifs et chez les particuliers.

 

On voit beaucoup de communes mettre en place un réseau séparatif pour les eaux pluviales. Les eaux pluviales n'iront plus à la station d'épuration, ce qui libère cette dernière d'un gros volume en entrée. Mais, si les eaux pluviales sont rejetées en rivière sans traitement, c'est une grosse bêtise. Les eaux pluviales sont polluées : elles lessivent les toits sur lesquels se sont déposées les suies des chauffages au bois, au fuel (pollution HAP entre autres).

Si un habitant utilise un produit pour nettoyer ces tuiles (quelle bêtise, il faudra interdire cette pratique qui perdure), c'est la rivière et ses habitants végétaux et animaux qui payeront le prix lourd de ce phytosanitaire domestique. NON, il faut une politique et des investissements pour alimenter autrement nos toilettes !

 

Je n'ai pas vu, dans l'action des élus de Besançon, une bien grande volonté politique de faire autre chose que de la gestion publique.

Si ces "gens-là" n'ont pas d'idées, qu'ils ne se représentent pas !!

 

A suivre … (pour le volet assainissement et tarification).

J'AJOUTE DEUX FIGURES CAR J'AI RETROUVÉ DES COPIES ÉCRAN DE 2018 : ON AVAIT ENCORE DROIT AUX NITRATES POUR ARCIER, MAIS PAS POUR LA LOUE ... de qui se moque-t-on ? J'espère une réponse !! ??

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Commentaires

Bonjour Mr Philippe Henry, je suis assez surpris que vous reprocheriez au Grand Besançon de dissimuler des résultats d'analyses puisque c'est l'ARS qui est responsable dans le contrôle et la communication de ces résultats. Je peux simplement vous indiquer que depuis des nombreuses années, elle informe les citoyens que nous distribuons sur l'ensemble du territoire une eau d'excellente qualité.

Sur la prévention je suis en accord avec vous et c'est la raison qui nous amène à de nombreuses actions, avec tous les acteurs concernés, pour éviter une dégradation de notre environnement. Ces actions sont prises en exemple au niveau national et saluées par l'agence de l'eau, elles sont tellement nombreuses que je vous propose de vous accueillir dans les services pour vous les présenter.

Concernant la gestion publique, nos politiques s'inscrivent dans le sens que vous évoquez "l'eau est un bien commun" nous avons été à l'origine  la création Aqua Publica Europea au niveau européen, à France Eau Publique au niveau Français et localement depuis deux ans nous avons repris 16 communes anciennement en DSP en régie avec la création de 35 postes au 1er janvier 2018 et 17 postes en janvier 2020 (soit passage de 113 à 165 postes) avec un prix de l'eau et l'assainissement un des plus bas de France.

Je pense que votre article est surtout issu d'une méconnaissance de nos actions et  je renouvelle donc mon invitation à venir découvrir nos services et si je suis disponible, je serai heureux de vous accueillir.

Cordialement, Christophe Lime.

Soumis par lime c le 11 fév 2020 - 16:48.

Cher Mr. Lime,

Je ne prétend pas être un fin connaisseur de tout ce qui se fait autour de l'eau (distribution et assainissement) à Besançon.

Mais enfin :

- me proposer de découvrir vos services c'est intéressant, mais cela ne répond pas aux légitimes interrogations sur la qualité de l'eau à Besançon (déjà épinglé par une association de consommateur, ce qui avait énervé la Maire),

- un débat publique dans le cadre de la campagne, voilà ce qu'il faudrait faire,

- suite à ma chronique, un connaisseur du dossier m'a écrit cela : "Bravo pour cette analyse. C’est également la première année que le document d’analyses de l’ARS (synthese des analyses que la commune de Chenecey accompagne avec la facture d’eau) monte la présence de pesticides dans l’eau de Chenecey. Nous ne pourrons pas prendre d’arrêté anti pesticide à Chenecey, en revanche le conseil est d’accord pour interpeller le gouvernement. Je retiens qu’avoir discuté de cela dans une une discussion de couloir avec une candidate aux municipales de Besançon ne l’a finalement pas plus émue que ça, et que le seul utilisateur de glyphosate en agricole à Chenecey en zone de protection de captage éloigné est prestataire de Besançon pour l’épandage des boues de la station de Port Douvot... pour info, il abandonne les cultures de maïs ou de soja en aval de la commune (les fameuses photos utilisées par le collectif montrant glyphosate sous RN83) pour de la culture de fourrages... Enfin, une demande de modification du règlement de captage a été demandée en 2018 par la maire de Chenecey à l’ARS : sans suite. Alors oui, il y en a marre et les sois disant poids lourds de la politique locale doivent être interpellés."

- d'où cette dernière réponse, je ne sais qui fait " de la rétention d'infos", mais il est net que les fiches ne donnent pas toutes les infos, donc : communiquez ici ou par la fiche ARS, les données manquantes pour que l'ensemble des citoyens de Besançon qui boivent l'eau aient l'info, et pas seulement 2 ou 3 "spécialistes",

- enfin, il y a dans ma chronique d'autres questions (coût du traitement de l'eau de la Loue, par exemple), et des propositions (utilisation de l'eau potable pour les usages domestiques ...), un débat permettrait d'aborder ces questions.

Enfin, concernant l'assainissement, ma prochaine Chronique mettra l'accent sur le rejet direct dans le Doubs (la plupart des défenseurs des rivières sont opposés au rejet direct et réclament la mise en place d'un "système" intermédiaire entre la STEP et la rivière), et sur le devenir des boues où il semble que si le compostage a débuté (?) Besançon est en retard : il faut composter les boues (et d'ailleurs Besançon pourrait composter ces boues avec d'autres déchets, par exemple les litières des animaux domestiques qui n'ont rien à faire à l'incinérateur). Sur ces sujets aussi, il me semble que vous avez du retard, même si le compostage collectif (j'ai installé celui de ma copro) a été une belle réussite.

Cordialement, Philippe HENRY

 

Soumis par Philippe HENRY le 13 fév 2020 - 11:46.