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Le calendrier des tractations autour d’une cession par General Electric de ses activités nucléaires s’accélère

Samedi 17 octobre 2020 / PCF 90

L’article du Canard Enchaîné évoque des négociations autour du rachat de GEAST qui ne concerne que l’implantation française de l’actuelle entité Steam, sans les établissements suisses, polonais, indiens, chinois, où une grande partie de la fabrication est réalisée. Ces fuites surviennent quelques jours après l’annonce de plusieurs restructurations dans l’ensemble de la branche Energie, qui doivent aboutir à la fin des activités de production de centrales à charbon, la perte irrémédiables de compétences dans la fabrication des alternateurs équipant les centrales hydrauliques (Hydro Belfort) et dans la fabrication des disjoncteurs haute-tension pour les réseaux de distribution d’électricité (Grid Villeurbanne et Saint-Priest). Des rumeurs évoquent même une possible vente de ces deux dernières entités une fois les restructurations terminées.

La possible vente d’un périmètre extrêmement restreint des activités énergétiques de General Electric participe donc d’une stratégie globale qui consiste à segmenter et appauvrir pour revendre par petits morceaux, une filière complète rachetée en 2015 dans son ensemble pour un montant de 12 milliards d’euros.

Le possible rachat des établissements français du nucléaire par des acteurs français de l’énergie ne règle pas la question de la cohérence industrielle et de la maîtrise publique de l’ensemble de la filière, bien au contraire.

Les enjeux conjugués de la souveraineté et de la transition énergétiques pour garantir une électricité bon marché et non polluante, nécessitent de disposer d’un parc diversifié et complet de production électrique, en attendant qu’une stratégie publique d’investissement, de recherche et développement, soit élaborée démocratiquement.

Plutôt que d’accompagner General Electric contre quelques engagements dans l’éolien off-shore, l’Etat français doit agir pour retrouver une véritable maîtrise de l’ensemble de la filière énergétique, au service du développement des emplois et des compétences qui sont les véritables moteurs de la sécurité et de l’innovation :

-          En exigeant un moratoire sur tous les Plans de Suppressions d'Emplois

-          En créant les conditions d’une maîtrise publique de l’ensemble de la filière, pour une nouvelle logique d’investissement, d’emploi dans les Territoires, d’innovation, ce qui implique à la fois une nouvelle logique de financement, reposant sur la mobilisation des leviers financiers (Banque publique d’investissement, … ) et du crédit bancaire assortie de pouvoirs nouveaux dans les entreprises et dans les collectivités locales pour des garanties réelles d’efficacité

-          En organisant des états généraux de l’énergie pour que les choix en matière de mix énergétique appartiennent à tous les citoyens.

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