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Je n'ai déjà plus d'eau à pomper au réservoir...

Mercredi 19 avril 2017 / Noël Ratte

05 avril 2017. Enfin, on a sorti les plus grosses génisses au champ Sur la Perrière. J'ai mis une botte de foin dans le râtelier. J'ai remis l'eau pour la saison, et Juliette, fille de Baltimora, les jumelles Lola et Lolita, filles d'Espérance, et Jonquille, fille d'Esmeralda, sont en champ...

Dix génisses portantes vont dormir dehors ce soir pour la première fois de la saison. Nous allons pouvoir sortir des étables les petits veaux nés dans l'hiver qui devenaient bien gros pour rester dans leurs petits boxes. Enfin, c'est vraiment le printemps, il fait anormalement chaud pour la saison. Le soir, les écuries restent ouvertes jusqu'à la nuit à cause de la chaleur, et cela semble un peu irréel de voir les vaches dormir à l'étable la nuit par des chaleurs aussi fortes. Mais il gèle encore quelques nuits, et il n'y a pas de feuille aux arbres...

La météo annonce une période froide après Pâques. Il est trop tôt pour laisser les laitières coucher la nuit dehors : il n'y a pas assez d'herbe dans les champs .

Curieusement, il n'est pas arrivé d'hirondelles avant de changer d'heure, mais ce matin, quelques une sont arrivées. Enfin, on va changer de saison, sortir de ces étables trop pleines et trop chaudes. Enfin, on a fini de donner du foin deux fois par jour, les vaches ont un peu d'herbe pour la journée et une partie des génisses au pré. Ça va nous faciliter le travail de tous les jours .

J'ai encore des barrières a refaire et des barbelés à clouer mais je ne suis pas en retard pour la saison. Tout va bien même s'il semble que les chênes commencent à mettre leurs feuilles, et surtout avant les frênes, préludes d'une année particulièrement sèche ? Je n'ai déjà plus d'eau à pomper au réservoir, je n'ai pas souvenir d'avoir vu cela aussi tôt ! Tout semble un peu anormal, cette chaleur presque d'été, cette sècheresse qui semble s'installer, cette vie politique inédite et son incertitude qui bloque tous les projets financiers au moins jusqu'à début mai !

En revenant du champ "les Perrières", je pense a Baltimora. Un matin d'hiver, je donnais le foin et en passant derrière la vache qui venait de se lever pour manger, j'ai entendu couler un petit jet comme s'il y avait une fuite d'eau. En fait, c'était un jet de sang. En se levant, Baltimora avait du se couper sur une petite épine sous le ventre, juste sur la veine du lait, et le sang coulait à gros débit. Je me suis précipité rappeler ma femme pour qu'elle appelle le vétérinaire et j'ai essayé de faire une espèce de garrot pour limiter le débit avec une sangle.

Par chance, c'était Martine qui était de garde et en habitant à 2 km, elle est arrivée en moins de 8 minutes. Nous avons mis des agrafes, elles ne tenaient pas. On les a enlevées pour en remettre des autres, et enfin le grand débit de sang a stoppé. Après avoir pataugé dans au moins 6 litres de sang, nous en avions plein les habits. Martine, qui était enceinte et n'avait pas eu le temps de déjeuner - il n'était pas 7 heures - était un peu incommodée. Elle est venue boire un café, aussi pour se réchauffer, parce qu'elle n'avait pas eu le temps de s'habiller chaudement dans ce matin d'hiver...

Quant à Baltimora, surnommée Gros Jaunet par tout le monde, elle n'a pas donné le moindre signe de faiblesse et a redoublé d'appétit après son incident ! La vie d'une ferme a toujours ces imprévus...