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Impasse des Réfugiés à Besançon

Lundi 12 septembre 2016 / CDDLE

Depuis de nombreux mois la Préfecture du Doubs s'est fait connaître pour son excès de zèle concernant les expulsions expéditives de familles et l'envoi d'enfants en centre de rétention avant leur expulsion. Conduites souvent le soir et expulsées par avion le matin suivant, ces familles n'ont ainsi pas le temps de rencontrer les associations pouvant intercéder et défendre leur cas (Cimade, Ordre de Malte). 

« Une fois de plus l’intérêt supérieur de l‘enfant est piétiné par l’administration au profit d’une mise en œuvre des expulsions toujours plus coercitive et expéditive, sans permettre un véritable droit au recours effectif ; une pratique qu’a encore récemment dénoncé le Défenseur des droits dans son rapport relatif aux droits fondamentaux des étrangers, paru le 9 mai 2016 » précisait la Cimade à l'occasion de la remise des CHARTER AWARDS  (Parodie des Oscars) le 7 juin dernier en décernant à la Préfecture du Doubs le prix « Nos enfants chéris » (titre du film de B.Cohen sur une saga familiale) pour être la Préfecture ayant envoyé le plus grand nombre d’enfants en rétention en 2015 !

La raison de ces expulsions souvent fournie par la Préfecture est qu'il faut « éloigner » les réfugiés occupant des places « indues » pour libérer des places d’accueil dans les Centres d’Accueil (CADA) et pouvoir ainsi accueillir dans le département du Doubs les demandeurs d’asile venant de Syrie et d'autres pays en guerre. La Préfecture et ses services d’accueil ne communiquent cependant pas sur l’arrivée de ces demandeurs d’asile attendus depuis plus d'un an. Il en est de même de la Ville de Besançon qui après avoir sollicité les citoyens bisontins et ouvert un site devant recenser et rassembler leur aide, l'a très vite refermé sans explication.

Des migrants des jungles du Calaisis ont été « relocalisés » dans le Doubs mais il semble qu’il n’y ait pas ou peu de Syriens ou de personnes d’autres pays en guerre accueillis.

Pourquoi alors prétexter la venue hypothétique de ces derniers pour mieux expulser des personnes et familles venues de pays prétendument « sûrs » (« classement » de l’OFPRA, Office français de protection des réfugiés et apatrides) alors que bien souvent, celles-ci sont venues demander protection en France parce qu’elles étaient également menacées de mort dans leur pays.

Outre que ce genre de sélection entre les « vrais » et les « faux » demandeurs d’asile est indéfendable humainement parlant et que la brutalité qui entoure ces expulsions est fréquente, la Préfecture du Doubs n'ose même pas assumer pleinement le zèle dont elle fait preuve pour mieux expulser, puisque, lors d'un entretien avec une délégation de soutien aux « expulsés » qu’elle a accepté de recevoir, elle s'est senti obligée de donner des informations mensongères sur la mise en œuvre d’une expulsion en cours. Pourquoi ces mensonges ? Par contre, aucun entretien n’a pu être obtenu le lendemain ni les jours suivants.

Combien de temps tolérerons nous cette politique d’immigration qui cherche à opposer entre eux des étrangers, tous venus demander protection, et qui les réduit à l’état de pions que l’on déplace sur l’échiquier des enjeux internationaux, ne représentant que des quotas à gérer en fonction de décisions qui n’ont rien à voir avoir les conventions de protection internationales.

Pendant que certains se retrouvent bloqués dans des camps aux abords de l’UE ou dans les pays d’entrée Schengen au risque quelquefois d’être renvoyés dans leur pays en guerre, d’autres sont expulsés manu militari de pays comme la France pour « faire de  la place » aux premiers parce qu'ils n'ont pas réussi à convaincre qu’ils étaient eux aussi menacés là où on les renvoie.

Ces deux derniers mois, dans notre seul département, ont été expulsés sans préjuger des cas que nous ne connaissons pas :

  • 3 petites filles (de 5 à 8 ans) au Kosovo, abandonnant leur scolarité
  • 4 enfants ( de 6 à 15 ans) au Kosovo séparés de leur mère hospitalisée à Besançon
  • une petite fille géorgienne (12ans), handicapée dont le suivi ne sera plus correctement exercé
  • 2 enfants de 2 et 5 ans et leurs parents alors qu'ils étaient hébergés dans une famille et ne coûtaient rien à l'État français
  • 1 père de famille de 3 enfants alors qu’il est pacsé avec sa compagne ayant un titre de séjour.

De plus, des familles relevant du dispositif de demandeur d'asile sont laissées à la rue à Besançon.
Nous ne pouvons accepter ces décisions et appelons à une grande mobilisation.

Plusieurs manifestations importantes ont déjà eu lieu à Besançon fin août et début septembre .

Nous appelons toutes et tous ceux qui ne supportent plus que la possibilité de vie des uns soit aussi l'impossibilité de vie des autres, à venir

MANIFESTER

le mercredi 21 septembre à 17h30
départ place Pasteur

Il faut rendre impossible de rendre des vies impossibles.

RENVERSONS L'IMPOSSIBLE ! NOUS VOULONS LE RETOUR DES FAMILLES EXPULSÉES.