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Je vais voter pour la liste « Urgence écologie » de Dominique Bourg

Mercredi 22 mai 2019 / Brugvin Michel

Je vais voter pour la liste «  Urgence écologie », de Dominique Bourg, lors des élections européennes, dimanche prochain 26 mai 2019.

Pourquoi ce choix ?

Dans la situation politique actuelle, d’une grande confusion, aucun choix n’est vraiment bon. C’est le cas de mon choix (j’ai conscience que tout cela est bien relatif … ; et je ne vais pas critiquer, et surtout pas condamner, le choix des amis qui voteront autrement que moi).

J’explique simplement ma position :

1/ J’aurais voulu voter pour une liste de gauche, qui rassemble. Cette liste n’a pas été possible. Certains leaders ont manifestement préféré s’engager de manière indépendante, avec une liste pour leur « chapelle », plutôt que de risquer une liste d’union.

Je constate avec une certaine tristesse que nous avons affaire à une gauche hara-kiri, « la gauche plus bête du monde » (permettez la virulence du propos).

Dans ce contexte, je ne voterai pour aucune des listes qui se déclarent à gauche, même pas pour celle de Génération.s de Benoît Hamon (bien que je fasse partie à Besançon de ce mouvement Génération.s).

À chaque fois que la gauche a pu gagner en France, cela s’est fait grâce à une union à gauche (Front populaire en 1936 ; l’Union de la gauche en 1981 ; la Gauche plurielle avec le gouvernement Jospin en 1997) et à chaque fois, cela s’est réalisé autour d’un axe social-démocrate, et non pas autour d’un axe de rupture radicale (comme le souhaiterait la « France Insoumise »).

Dommage que cela n’ait pas été compris aujourd’hui ! 

2/  Je ne veux pas voter pour la liste d’Emmanuel Macron.
Cette liste ne manque pourtant pas d’atouts. Elle est dirigée par Nathalie Loiseau, personnalité plutôt sympathique, compétente (elle a été Ministre chargée des Affaires européennes) et respectable. Le numéro 2 de cette liste est Pascal Quenfin, qui est à mon sens, un écologiste authentique, qui a fait ses preuves. Sur la liste, on trouve également Pascal Durand, qui a été  Secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts en 2012/ 2013.

D’autre part et surtout, cette liste est vraiment - et clairement - pro-européenne, ce qui me pousserait à voter pour elle.

Mais trois éléments m’en dissuadent : 

Le libéralisme économique d’Emmanuel Macon, déjà très perceptible lors de sa campagne présidentielle, s’est largement confirmé depuis. Il semble avoir oublié, depuis qu’il est au pouvoir, qu’il se disait en 2017 :  être « en même temps » de gauche…
La conscience écologique n’est pas son « truc ». L’inflexion verte de ses récentes déclarations et quelques engagements [1], depuis peu, sont-ils sincères ou tactiques ? De toute façon le libéralisme économique dont  se réclame E. Macron n’est guère compatible avec une réelle transition écologique. La démission de Nicolas Hulot a été lourde de signification.

Enfin il oriente le débat autour de l’opposition progressisme contre nationalisme ou populismes. On peut le comprendre. La grande menace qui pèse sur la France, l’Europe, sans doute l’Occident, est celle des populismes extrêmes. De ce point de vue, il a raison d’y être sensible.
Mais je crois encore à la validité d’un certain clivage gauche/ droite. Certes il y a un déplacement des termes de ce clivage. Le clivage gauche/droite des dernières décennies, n’est plus pertinent aujourd’hui de la même manière qu’avant.

Mais sans doute ce clivage a-t-il une pertinence nouvelle et actuelle. Entendons ce que nous dit Michaël Fœssel[2], dans l’Obs du 21 mars 2019. Ses  propos donnent à penser :

« Je vois un grand danger dans la tentation actuelle d’occulter la différence gauche -droite, au profit d’une opposition populismes vs progressisme.

Ce désir de dépasser le clivage gauche- droite, je l’ai vu à l’œuvre en 1938, et il a fait des ravages. La politique, c’est l’art de la conflictualité. Dès lors que celle-ci cesse d’être fondée sur des clivages sociaux ou politiques, elle se dissout dans la logique identitaire, dont je ne pense pas qu’elle puisse être réglée dans un cadre démocratique ».

Plus loin dans la même interview, il conclut en enfonçant le clou :

« La vitalité du clivage gauche-droite, parce qu’il fait appel à la raison plutôt qu’aux tripes, est le meilleur moyen d’affronter le fascisme »

3/ Dans le paysage politique surréel de ce printemps 2019 en France, je ne vais pas, une fois de plus, faire le choix de ce qu’on appelle le « vote utile ». Ce vote dit utile pourrait me pousser à voter pour la liste d’E. Macron (mais nous ne sommes pas le cas de figure d’une élection présidentielle à deux tours, ou l’un gagne et l’autre perd). Ou pour une des nombreuses listes de « gauche proclamée » et en miette (cette « utilité » serait ici dérisoire, utile à quoi ?).

Non, cela suffit.

4/ Je vais donc voter pour la liste européenne «  Urgence écologie », conduite par Dominique Bourg[3] et soutenue par Delphine Batho et Antoine Waechter 

Je connais bien Dominique Bourg, ses analyses, ses projets, ses pratiques (j’ai pu plusieurs fois converser avec lui). Il est venu de nombreuses fois nous parler à Besançon.

Je pense que c’est lui qui, avec ses colistiers, a pris, plus que les autres, la réelle mesure du risque planétaire lié à la crise écologique, enjeu principal de toute politique aujourd’hui.

Ce qui a achevé de me décider, c’est la tribune publiée le 17 mai dans « Le Journal du Dimanche », tribune intitulée : « Européennes : anciens des Verts, ils ne voteront pas Yannick Jadot mais Dominique Bourg »

Le chapeau de l’article résume le propos : « Ils sont membres de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE), fondé en 2015, notamment par des anciens d'Europe Ecologie - Les Verts. Pour les élections européennes à venir, ils appellent à voter pour la liste « Urgence Ecologie » conduite par Dominique Bourg et soutenue par Delphine Batho et Antoine Waechter ».

Voici les principales citations que je retiens de cette tribune :

« Nous sommes toutes et tous des écologistes, certaines et certains d’entre nous ont même œuvré dans les instances des Verts ou d'EELV que nous avons contribué à développer ; nous avons néanmoins fait le choix, pour la prochaine élection européenne du 26 mai prochain, de participer et de soutenir la liste Urgence Ecologie conduite par Dominique Bourg, philosophe, professeur d’université, ancien président du conseil scientifique de la Fondation Hulot, décidé à s’engager en politique pour faire écho à la démission de Nicolas Hulot, impuissant devant la force des lobbies, à l’énergie pressante des jeunes mobilisés et à la clameur des marches pour le climat.  
Ce qui nous meut est la conviction que la grande cause de l'écologie mérite d’être défendue le plus largement possible et qu'elle ne saurait se réduire à une seule étiquette
Dominique Bourg fait l'inverse de ce que fait EELV : il prend des risques ! Il se lance en politique pour ouvrir large, prendre en compte l'urgence rappelée par les mobilisations citoyennes mondiales, il ne campe pas seul sur son rocher, il ne défend nul pré carré, il veut convaincre. 
Depuis plus d’un an nous appelons - en vain - au rassemblement de tous les écologistes et avons discuté avec Génération.s, le PS et Place Publique.
A l'issue du scrutin cependant, et dans la perspective des prochaines échéances, il nous incombera, à toutes et tous, de construire une grande force écologiste et démocrate. Elle est la condition de l’action concertée pour relever les défis écologiques, économiques et sociaux qu’impose l'urgence climatique ».

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout (peut-être…).

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Commentaires

Dominique Bourg est estimable . Voter pour lui équivaudra cependant à une abstention déguisée.Nous sommes dans une élection européenne même si les débats dans notre pays se sont cantonnés au franco-français. L'enjeu est simple : donner au Parlement Européen une nouvelle majorité qui refondera l'Europe. Pour ce faire seule une majorité sociale-démocrate sera à même de changer l'Europe et de répondre aux attentes des citoyens d'Europe ( et non des seuls Français). Elémentaire , mon cher Watson !

Soumis par Yves Lagier le 24 mai 2019 - 09:55.